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  • CB2J

Quand la mort te parle...


Mon père, il est mort devant moi. “En live” son dernier souffle. Il vient de partir, il est 2h du matin et le vent souffle aussi. Je rejoins ma chambre et me mets à dessiner un oiseau de nuit. Un jour ce sera mon tour. Le vôtre surement. Que veux-tu dire ?


Déjà, des rendez-vous manqués : un jour sur le point de me noyer, un autre jour coursé par les policiers je traverse les rames du métro parisien, un autre jour encore c’est la maladie qui pointe le bout de son nez. Elle me dit : — J’ai une copine qui s’appelle « la mort », elle veut te dire quelque chose.


Dans un état second, confiné dans ma chambre d’hôpital, je l’écoute.

Cher Cedric, un jour je viendrai réellement t’embrasser. Mais j’attends encore car j’ai un projet pour toi !

Un projet ?

Oui celui de réaliser la paix en toi et autour de toi. Quand ce sera fait, je te laisserai tranquille un temps afin que cette paix rayonne pour le plus grand nombre. C’est seulement après que le moment de notre mariage adviendra.

— Que me faut-il faire ?


La mort ne répond pas.


Je m’interroge… Qu’est-ce qui me met en guerre et envoie valdinguer la paix dans les airs ?

La peur de perdre ce que je connais, la peur de rencontrer l’inconnu, l’ignorance, la peur de perdre mon corps sans délai… Comment trouver la paix face à ce marasme intérieur ambiant? Prisonnier de la terre, je me sens à la fois si triste et en colère. Je réalise que je ne vais pas trouver la paix en luttant contre mais en luttant avec.

Comment lutter avec ? En restant en face de tout ce à quoi je suis collé.


En fait, la mort est venue me dire « Réveille-toi… tu vis comme un mort-vivant… tu ne sais rien de moi, tu m’ignores alors que, chaque jour, je t’accorde du temps et encore du temps… Tu crois tout connaitre aveuglé que tu es par tes attachements et tes certitudes de pacotilles. Mais sache que tu vis uniquement dans les senteurs fades d’un passé agréable ou désagréable, dans l’espérance d’un futur gratifiant. A chaque fois que je t’approche, tu me blesses, tu me nies, tu m’insultes, tu te renies … alors réveilles toi… je te donne une dernière chance, prends ma main. »

Je dis OUI et je prends sa main, elle est douce, tendre et généreuse. Elle respire l’amour et la compassion. On aimerait y vivre. Elle me dit « NON l’heure n’est pas encore venue. Aime-moi et pleure dans l’instant. »

C’est bien cela se préparer à mourir en paix. C’est vivre dans l’instant, entre le passé et le futur. Une porte s’ouvre alors...


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