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Confiné à l'hôpital

Mis à jour : 27 sept. 2020

Septembre 2005. Après une opération délicate, retour dans la chambre d’hôpital vers 19h. Suis vivant. Les infirmières m’installent dans le lit. Mais quelque chose ne tourne pas rond. J’ai du mal à respirer. Merde ! j’étouffe. C’est crescendo. Ne peux plus respirer c’est bloqué. Les urgences arrivent en trombe, suis à demi évanoui mais je perçois tout : les voix, les visages, la peur des infirmières. Direction service d’urgences de réanimation de l’hôpital.


Je vais vivre sans le savoir un mois de confinement forcé entouré du corps médical dévoué et du bruit des machines qui ne s’arrêtent jamais. C’est du délire. C’est quoi cette vie ? Qu’est-ce qui m’arrive ? Habitué à faire et à avoir la tête dans le guidon, maintenant entre la vie et la mort, le destin propose de ne plus rien faire et de laisser faire. Pas le choix. Il ne me reste que le souffle de la respiration comme seule compagnie. Toutes les énergies se tournent vers l’intérieur pour me maintenir en vie.

A ce moment-là, je découvre que je suis capable de pleurer. Mes yeux s’autorisent à verser des larmes. Au début, ces larmes transpirent la souffrance car le corps a mal. Les larmes soulagent de la douleur. Mais peu à peu ces larmes se transforment et ont un tout autre parfum. Elles m’enseignent le lâcher-prise à la douleur, à la tristesse et à la peur. Quand je pleure et que le ciel pluvieux m’accompagne nait un moment de musique silencieux, même les oiseaux à la fenêtre ont arrêté de chanter.


Je me sens si vulnérable et tellement vivant à la fois. Le confinement a du bon, il engendre des moments hors du temps. Les larmes sont faites de substance d’Amour.


Le confinement me fait goûter à quelque chose que je ne connaissais pas : la Vie.



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